PSM 4-2018 : Soins psychiques en prison

Les études épidémiologiques récentes soulignent la prévalence importante des troubles psychiatriques en prison.

La prison est-elle un lieu de soins ? La question posée par le docteur Anne Lécu dans son ouvrage éponyme semblerait résolue d’avance, puisque la prison est un lieu de punition, tandis que le soin s’effectue à l’hôpital. Et cela depuis la loi de 1838 qui a instauré les asiles comme des lieux de soin où les malades mentaux doivent être protégés et qui, au travers de ses diverses modifications, reste toujours d’actualité dans l’esprit des professionnels de santé.

Pourtant, les études épidémiologiques récentes soulignent la prévalence importante des troubles psychiatriques en prison. Entre 4 à 8 % des détenus en France souffriraient de schizophrénie; tous diagnostics agrégés, un tiers de la population carcéral présente une pathologie relevant d’une prise en charge psychiatrique. Et le taux de suicide en milieu carcéral vient confirmer cette triste réalité : il est de sept à dix fois supérieur à celui de la population générale.

Sans prétention à l’exhaustivité, ce numéro présente un certain nombre de structures et filières de soin, et souligne le fait que la variété des prises en charge — suivis psychothérapeutiques individuels, en groupe — la création récente d’unités spécialisées, la volonté d’assurer une continuité des soins entre l’intérieur et l’extérieur, incitent à penser que la psychiatrie en milieu pénitentiaire a copié le modèle hospitalier pour le greffer sur l’institution pénale, et que la greffe a pris.

La prison est-elle un lieu de soin ? Cette question éthique ne peut se penser qu’en tenant compte du fait qu’elle est un lieu où le soin est rendu indispensable par une concentration anormalement élevée des détenus présentant des troubles qui justifient leur hospitalisation bien plus que leur incarcération.

SEMINAIRE ACCOMPAGNEMENT

Notre réseau régional de santé mentale s’inscrit dans la continuité des actions d’aide à la santé mentale portées par Croix Marine et dans les stratégies d’accompagnements d’Agapsy. Nous proposons aux professionnels intervenant dans le champ des soins psychiatriques ou/ et de l’accompagnement médicosocial et social de participer à notre troisième séminaire de réflexions sur l’accompagnement. La contribution des familles et des usagers est également souhaitée.

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PSM 3-2018 : L’emploi accompagné : une réponse vers et dans l’emploi

Intégrer puis maintenir dans l’emploi (en milieu ordinaire) les personnes ayant un handicap psychique.

Depuis plus de deux décennies déjà, les pratiques d’emploi accompagné n’ont cessé de se développer, d’abord dans le monde anglo-saxon, puis en Europe et en Asie. Ceci en raison de leur efficacité pour intégrer puis maintenir dans l’emploi (en milieu ordinaire) les personnes ayant un handicap psychique désireuses de retrouver rapidement un travail. Les données des recherches évaluatives sont maintenant bien connues et souvent évoquées : le taux d’insertion en milieu de travail ordinaire est supérieur à 50% après 12 à 18 mois de suivi, soit un taux au moins deux fois supérieur à celui obtenu par les méthodes traditionnelles d’aide à la réinsertion professionnelle. Néanmoins, et bien qu’on en parle de plus en plus, ces pratiques ont tardé à se développer en France.

La nouveauté est liée à un déplacement du moment et du lieu de l’accompagnement, qui n’est plus en amont de l’insertion et dans un cadre institutionnel, mais plutôt après l’insertion et au sein de l’entreprise. L’intérêt du suivi par une seule personne, le conseiller en emploi accompagné, est de favoriser la continuité du suivi et l’ajustement aux besoins singuliers et variables de la personne, ainsi que de jouer un rôle de coordinateur du réseau des soutiens à la personne ayant un handicap psychique.

Depuis qu’il est reconnu dans le cadre du Collectif France Emploi Accompagné et recommandé par la « loi travail » (2016), l’emploi accompagné est doté d’un cadre juridique, et en fin d’année passée des appels à candidatures ont été lancés par les ARS. Plusieurs opérateurs ont été retenus et vont mettre en oeuvre ces dispositifs dans les différents territoires. Pourtant le budget alloué pour cette expérimentation nationale, qui sera évaluée à l’issue des trois années, reste limité avec 7,5 M€. On peut aussi regretter que l’accès au dispositif soit pour l’instant limité aux détenteurs de la RQTH et requière une orientation professionnelle de la MDPH, ce qui est vécu comme stigmatisant par certaines personnes vivant avec des troubles psychiques.

PSM 2-2018. De la citoyenneté

PSM 1-2018. Le projet territorial de Santé Mentale

 

Psychiatrie et santé mentale : quand le parcours se met au service du pouvoir d’agir ?

Le 8 novembre prochain à Lyon, Santé Mentale France organisera une journée consacrée au renforcement du pouvoir d’agir pour les personnes rencontrant des difficultés psychiques et aspirant à leur pleine citoyenneté (ci-joint programme).

A l’heure de la mise en place des Projets Territoriaux de Santé Mentale et de la mise en œuvre de la réponse accompagnée pour tous, plusieurs constats s’imposent. D’une part, la connaissance des acteurs du soin et de la santé mentale et l’accès aux dispositifs sont encore trop souvent complexes pour les non-initiés. D’autre part, les besoins non pourvus, laissés à la charge des familles, placent les personnes concernées et leurs proches dans une situation de désarroi et d’isolement. Dans le même temps, la notion de stabilisation, longtemps considérée comme le seul espoir, s’accomplit dans le rétablissement à la mesure des capacités de chacun.

En constante évolution, le champ de la santé mentale s’est enrichi par les dynamiques des acteurs dont les missions et les compétences se sont diversifiées et affinées. Cependant, la structuration de l’offre par le cadre légal et réglementaire a pour revers certains cloisonnements et une grande complexité, nourrissant ruptures et incohérences dans le parcours des personnes concernées. Pour autant, il arrive que les obstacles dans le parcours de vie participent à des remises en cause périlleuses ou sources de renouveau.

Penser le parcours de vie dans sa dimension d’inclusion sociale (intégrant parcours de soin, accompagnement social, choix personnels…) permet de maintenir la continuité existentielle dans l’esprit de la personne ou dans ses interactions au-delà des ruptures.

Aujourd’hui, l’essor des associations d’usagers, l’évolution des pratiques, la désinstitutionalisation et les mouvements de la société civile ont fait du partenariat une composante incontournable de la relation d’aide en santé mentale. L’éducation thérapeutique a, par exemple, permis de développer le recours à la prise de décision partagée en s’appuyant sur le savoir expérientiel.

Fortes de cette dynamique, les expériences de coordinations (des acteurs, des différents niveaux de territoires, politique et opérationnelle) ont essaimé et font vivre les réseaux : cela permet de mutualiser les retours d’expériences et d’œuvrer à plusieurs pour le renforcement du pouvoir d’agir des personnes.

Les défis pour permettre l’expression de leur pleine citoyenneté sont encore nombreux. Cette journée est l’occasion de faire un point d’étape, personnes concernées, familles, professionnels, pour entrevoir ensemble ce qu’il nous reste à accomplir sur le chemin du rétablissement.

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Vers un réseau national de secouristes en santé mentale ?

L’Unafam, Santé mentale France et l’organisme de formation Infipp ont créé, le 20 juin dernier, l’association loi 1901 Premiers secours en santé mentale France (PSSM France). L’objectif étant de lutter contre la stigmatisation des personnes atteintes des troubles psychiques et de mettre en œuvre dans les meilleures conditions l’action numéro 4 de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » d’Agnès Buzyn.

Le grand public connaît mal les troubles mentaux et entretient à ce sujet des idées préconçues. Ainsi, alors qu’il existe des premiers gestes physiques à réaliser sur une personne blessée avant l’arrivée des secours professionnels, gestes généralement identifiés par le grand public, ce dernier ignore qu’il existe également des « premiers secours en santé mentale » (PSSM) à prodiguer en attendant que la crise soit passée ou qu’une prise en charge adaptée ne soit trouvée. C’est pour mettre fin à cette méconnaissance que l’Unafam (Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), Santé mentale France et l’organisme de formation Infipp (coopérative de formateurs) ont créé, le 20 juin dernier, l’association loi 1901 Premiers secours en santé mentale France (PSSM France). Une initiative qui fait partie de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé (action n° 4).

Apprendre à repérer les troubles psychiques

« Né en Australie en 2001, le programme PSSM vise à apprendre aux citoyens comment se comporter face aux premières manifestations de troubles psychiques. Cela veut dire repérer des signes d’isolement, des réactions inadaptées, des personnes qui se mettent en retrait ou d’autres qui ont des crises incontrôlables, ex¬plique Jacques Marescaux, président de Santé mentale France et de PSSM France. La formation permettra aussi d’être capable d’avoir un comportement adapté avec ces personnes. C’est-à-dire d’être dans l’écoute, dans l’empathie, dans la bienveillance et non dans l’agressivité ou autre. »

Jacques Marescaux complète : « Enfin, cette formation permettra de connaître suffisamment le système de soins et d’accompagnement et de bien orienter la personne vers la ressource adéquate pour se soigner. En quelque sorte, l’idée des PSSM est d’avoir un peu partout sur le territoire des secouristes en santé mentale. » Concrètement, à partir de 2019, cette structure dispensera des formations de ce programme enseigné déjà dans une vingtaine de pays dans le monde, dont le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande et prochainement l’Allemagne et la Suisse.

Ainsi, dans les mois ou années à venir, votre employeur pourra vous proposer, parallèlement à la formation aux gestes qui sauvent, une formation aux PSSM. « Celle-ci devrait durer deux jours et s’articuler autour de plusieurs troubles : l’anxiété, la dépression, la psychose, les addictions, la crise panique et les situations de violence », détaille encore Jacques Marescaux. Pour l’heure, 16 instructeurs ont déjà été formés à Lyon pendant cinq jours, du 9 au 13 juillet derniers. Par la suite, ceux-ci sont appelés à former les premiers formateurs, qui, à leur tour, formeront « prioritairement », dans quatre territoires pilotes, les étudiants – selon les souhaits émis en mars dernier par le comité interministériel pour la santé. Car, comme l’indique la feuille de route, « la population étudiante, exposée à de nombreux stress, est la tranche d’âge où les troubles psychiatriques graves doivent être repérés le plus précocement possible ».

Echanges autour de la parution du livre « L’entreprise face au trouble psychique »

Santé Mentale et citoyenneté – Journée d’Etude 13 juin 2018

Le 13 juin prochain, Santé Mentale France consacrera une journée entière à la citoyenneté des personnes vivant avec des difficultés psychiques.

Les intervenants réunis par Santé Mentale France, s’attacheront en matinée, à préciser et approfondir la notion de citoyenneté, dans ses aspects historiques, mais aussi dans ses incidences dans le champ de la psychiatrie, de la santé mentale et du handicap.

Les enjeux pour les professionnels du soin et de l’accompagnement seront également abordés ainsi que le respect et la mise en œuvre des mesures législatives, par exemple celles concernant la compensation du handicap.

L’après-midi sera consacrée à la présentation d’initiatives favorisant la citoyenneté des personnes vivant avec des difficultés psychiques. L’objectif sera de repérer les facteurs susceptibles de freiner ou de favoriser la citoyenneté des usagers dans les stratégies de rétablissement.

Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) ouvrira cette journée qui se déroulera au Ministère de la Santé.


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Séminaire accompagnement Santé Mentale France IDF

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Pratiques en Santé Mentale

PSM 3-2017
L’accompagnement
Pluralité du concept et des pratiques actuelles

L’accompagnement est une notion très utilisée dans le secteur sanitaire et médico-social, qui désigne le travail réalisé par les institutions, les professionnels auprès du public accueilli.

Le terme d’accompagnement vient de l’ancien français « compain » c’est-à-dire « celui qui mange son pain avec ». Accompagnant et accompagné partagent le pain, et font côte à côte un bout de chemin ensemble.

Qu’est-ce que l’accompagnement de nos jours ? Qu’est-ce qui le définit et comment les pratiques ont-elles évolué depuis une dizaine d’années ? Quelles sont ses caractéristiques et ses aspects ? Quelles formes prend-il actuellement ? Quelle éthique et quelles bases théoriques sous tendent cette notion ?

Dans la Loi du 11 février 2005, l’accompagnement constitue un mode de compensation pour les personnes en situation de handicap psychique, et en modifie les contours. Le positionnement et le rôle de chacun des protagonistes de la relation d’accompagnement ont évolué.

« L’accompagné » n’a plus ce statut passif, soumis aux directives de l’accompagnateur supposé savoir.

Par le passé les services d’orientation prenaient des décisions sans même demander l’avis du principal concerné.

Le sujet est devenu acteur de cette relation, avec une assise citoyenne à part entière, pouvant s’exprimer sur ses besoins (même s’il ne peut pas toujours les formuler clairement), sur les orientations qu’il souhaite prendre (même si celles-ci ne sont pas toujours linéaires, ou avec des détours qui sont autant d’expériences vécues). Il est sujet de son désir, et continuellement consulté sur son parcours. L’accompagnateur est près de lui, proche ou éloigné selon les moments, le guide, propose des voies, montre des chemins, écoute les suggestions mais en définitive c’est l’accompagné qui décide du chemin à prendre. Accompagner c’est être avec l’accompagné, c’est être avec lui, une présence pour lui, c’est lui être proche, le revaloriser.

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Appel à projets 2018

Maladies Psychiques :
accès aux soins et vie sociale

La Fondation de France lance un appel à projets « Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale » pour soutenir et valoriser les initiatives innovantes de prise en charge et d’accompagnement, dans la cité, des adultes atteints de troubles psychiques. Ces projets associent les usagers et leur famille autant que possible.

La Fondation de France souhaite soutenir des projets s’appuyant concrètement sur un travail d’accompagnement concerté entre le médical, le social et le médico-social. Les initiatives concernées auront pour objectif de :
– favoriser l’accès aux soins,
– contribuer à la fluidité des parcours de vie et de soins,
– soutenir l’entourage.

Cet appel à projets s’adresse aux associations, aux équipes soignantes, médicales et médico-sociales et aux collectivités locales.

Nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir diffuser cet appel à projets auprès des personnes qui vous paraissent susceptibles d’y répondre.

Vous trouverez, en cliquant sur le lien ci-dessous, l’appel à projet « Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale 2018 », les modalités d’envoi en ligne ainsi que les dates de réception des demandes.

Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale

Nous avons mis en place un nouvel outil de dépôt des demandes. Nous recommandons vivement aux candidats de créer leur profil très rapidement et d’anticiper au maximum la gestion des renseignements administratifs liés à leur structure.
Il leur sera alors possible d’accéder à tout moment au contenu du dossier de demande de subvention.

N’hésitez pas à contacter notre programme pour tout renseignement complémentaire au
01 44 21 31 90 ou par mail : maladiespsychiques@fdf.org

Nous vous prions de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleures salutations.

Karine POUCHAIN-GREPINET
Responsable du programme « Maladies psychiques »